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Milieux naturels

La MRC des Pays-d’en-Haut est caractérisée par un vaste labyrinthe de collines et de vallées, de lacs, de milieux humides, de forêts équiennes et inéquiennes abritant de nombreuses espèces végétales et animales. Ce territoire subit une forte pression de développement domiciliaire, surtout dans les municipalités les plus densément peuplées telles que Saint-Sauveur (201 hab/km2), Sainte-Anne-des-Lacs (144 hab/km2), Piedmont (104 hab/km2) et Sainte-Adèle (93 hab/km2).

Malgré la progression rapide du développement qui empiète sur les milieux naturels, année après année, il existe encore de nombreux espaces naturels possédant une grande valeur écologique (75 % du territoire est un couvert forestier dont un fort pourcentage est constructible).

La conservation et la mise en valeur des milieux naturels sont des préoccupations toujours présentes dans la MRC. Néanmoins, seuls 2,2% est officiellement protégé en territoire public (aire attribuée à la Station de biologie des Laurentides, la réserve naturelle Alfred B. Kelly sur le territoire de la municipalité de Piedmont et deux projets de refuges biologiques) par rapport à l’objectif de 12 % que le gouvernement du Québec veut atteindre.

Pour répondre à cette préoccupation, de nombreuses actions ont vu le jour. Le schéma d’aménagement de la MRC et les règlements d’urbanisme des municipalités prévoient désormais des normes de protection des milieux humides. Certaines municipalités ont fait l’acquisition de terrains pour des fins de parcs et de réseaux de sentiers. Un projet régional d’interconnexion de milieux naturels (Éco-corridors laurentiens) a également vu le jour en 2014. Finalement, un projet de plan de conservation des milieux humides est en cours, et vise la protection de nombreux milieux humides à fortes valeurs écologiques.

Les milieux humides sont des ensembles de sites saturés d’eau ou inondés pendant une période suffisamment longue pour influencer la nature du sol et la composition de la végétation. La présence d’eau peut être causée par la fluctuation saisonnière d’un plan d’eau adjacent au milieu humide ou encore résulter d’un drainage insuffisant, lorsque le milieu n’est pas en contact avec un plan d’eau permanent. Selon le ministère du Développement durable, de l’Environnement et la Lutte contre les Changements Climatiques (MDDELCC), les milieux humides se caractérisent en quatre catégories :

Étang : Étendue d’eau libre et stagnante, avec ou sans lien avec le réseau hydrographique. Il repose dans une cuvette dont la profondeur moyenne n’excède généralement pas deux mètres au milieu de l’été. L’eau y est présente pratiquement toute l’année. Le couvert végétal, s’il existe, se compose surtout de plantes aquatiques submergées et flottantes.

Marais : Habitats dominés par des plantes herbacées sur substrat minéral partiellement ou complètement submergé au cours de la saison de croissance. Dans la majorité des cas, les marais sont riverains, car ils sont ouverts sur un lac ou un cours d’eau, mais ils peuvent également être isolés. La limite supérieure du marais riverain est déterminée par la ligne des hautes eaux (LHE), c’est-à-dire l’endroit où l’on passe d’une prédominance de plantes aquatiques à une prédominance de plantes terrestres. La présence d’un marais isolé est généralement attribuable à des interventions anthropiques ou à des résurgences de la nappe phréatique. Il est délimité par la limite supérieure des espèces herbacées aquatiques.

Marécage : Habitats dominés par une végétation ligneuse, arborescente ou arbustive, croissant sur un sol minéral ou organique soumis à des inondations saisonnières ou caractérisé par une nappe phréatique élevée et une circulation d’eau enrichie de minéraux dissous. Ils sont soit isolés, soit ouverts sur un lac ou un cours d’eau. L’alimentation en eau des marécages provient des lacs, des cours d’eau, des eaux de ruissellement, des précipitations, des eaux souterraines, des marées, etc. L’eau de surface est présente de manière saisonnière ou persiste sur de plus longues périodes.

Tourbière : Milieu mal drainé où le processus d’accumulation organique prévaut sur les processus de décomposition et d’humification, peu importe la composition botanique des restes végétaux. On distingue trois grands types de tourbière : la tourbière ombrotrophe (bog), la tourbière minérotrophe (fen), et également la tourbière boisée.

En 2013, la MRC des Pays-d’en-Haut a amorcé un projet visant à cartographier les milieux humides de son territoire. Durant les étés 2013 et 2014, des centaines de milieux humides ont été inventoriés et caractérisés par des biologistes engagés par la MRC.

En 2014, un partenariat entre l’organisme de bassin versant de la Rivière-du-Nord (Abrinord) et Canards Illimités Canada (CIC) est intervenu pour effectuer une analyse du territoire et finalement produire une cartographie détaillée des milieux humides de tout le territoire de la MRC.

Le but de cet exercice est multiple. Premièrement, avoir une meilleure connaissance du territoire et des milieux humides présents. Deuxièmement, utiliser ces nouvelles connaissances du territoire pour mieux planifier le développement du territoire en tenant compte des milieux humides. Ces derniers procurent de nombreux biens et services écologiques : la recharge des nappes phréatiques, le ralentissement des eaux de ruissellement, la réduction des risques d’inondations et des périodes de sécheresse, la filtration des eaux, ainsi que le maintien du patrimoine naturel et de la biodiversité des espèces fauniques et floristiques.

Ce sont autant d’arguments qui ont poussé la MRC à investir dans le projet.

Contrat de bassin [lien pdf]

Dans l’optique de réaliser une meilleure gestion du territoire, en dotant toutes ses municipalités d’un outil d’information et d’aide à la décision fiable et à jour répondant de manière adéquate aux besoins des gestionnaires du territoire impliqués dans l’aménagement, la protection et la mise en valeur de ces espaces naturels, la MRC des Pays-d’en-Haut travaille actuellement à l’élaboration d’un plan de conservation des milieux humides sur l’ensemble de son territoire.

Un plan de conservation des milieux humides permet non seulement de favoriser l’intégration des milieux humides d’intérêt à la planification territoriale, mais permet aussi une meilleure protection des milieux humides et peut également faciliter la préparation des demandes d’autorisations exigées par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements Climatiques (MDDELCC), en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE), grâce aux connaissances nécessaires à l’analyse environnementale qui s’y trouvent.

La première étape de ce Plan de conservation constituait la cartographie détaillée des milieux humides, dévoilée en avril 2016. La MRC travaille depuis, sur l’élaboration du Plan de conservation des milieux humides en collaboration avec Abrinord, CIC et le MDDELCC.

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