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21 avril 2021
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Crise du logement dans les Laurentides : le CRDSL souhaite coordonner les actions

Le Conseil régional de développement social des Laurentides (CRDSL) met la table: selon lui, la situation est très préoccupante au niveau du logement dans notre région depuis déjà plusieurs mois et laisse présager une potentielle crise du logement à très court terme.

En effet, plusieurs constats sont visibles à l’échelle régionale :

  • L’inflation des coûts du logement, les difficultés d’accès à la propriété et la surenchère causée par la migration de personnes en provenance de Montréal qui sont des enjeux intimement liés au contexte de la pandémie. Il est à noter que la région des Laurentides a le plus haut taux migratoire au Québec;
  • La crise en logements abordables pour les femmes victimes de violence conjugale amène une extension de séjour de femmes hébergées ce qui amène une liste d’attente pour les femmes qui souhaitent quitter leur milieu violent;
  • Des reportages dans les médias traditionnels et les revendications des organismes de défenses de droits se font entendre de plus en plus;
  • La hausse du loyer dans les nouvelles constructions de moins de 5 ans est inquiétante car elle n’est pas contrôlée et va conduire de nombreuses familles à la recherche de nouveaux logements à très courte échéance;
  • Les multiples appels à l’aide sur les réseaux sociaux de personnes qui se cherchent un logement.

Dans un tel contexte, une étude très rapide des besoins de la population Laurentienne et de l’offre de logement nous semble primordiale.

Situation d’urgence dans les Laurentides

Notre région se trouve dans une situation d’urgence et cela nécessite une intervention immédiate croit le CRDSL. C’est pourquoi l’organisme a entamé un projet de réponse à la crise en logement qui se définit comme suit :

  • Établir un portrait des besoins réels en logement de la population laurentienne grâce à la compilation des renseignements obtenus par la diffusion du sondage du CRDSL, afin de pouvoir intervenir rapidement pour éviter aux citoyens de notre région de se retrouver dans des situations de précarité;
  • Mettre sur pied un comité de crise stratégique régional dans le but de mettre en place un filet de sécurité de façon très rapide en prévision de la crise du logement du 1er juillet 2021;
  • Procéder à un recensement les logements disponibles au niveau régional (quantité et diversité de l’offre). Pour se faire, elle devra se mettre en relation avec les divers partenaires en logement de la région et récolter l’ensemble des informations déjà disponible sur le terrain. Le cas échéant, elle devra procéder au recensement les logements dans les territoires où le travail n’a pas déjà été fait;
  • Mettre en parallèle les besoins et l’offre et identifier les lacunes;
  • Développer un argumentaire destiné aux milieux municipaux et gouvernementaux;
  • Établir et développer des partenariats avec les personnes ressources en logement des différents territoires (comités logements locaux et personne identifiée dans les 8 MRC) afin de travailler à des pistes de solution conjointes;
  • Collaborer avec le CPÉRL pour l’organisation de la présentation du logement abordable auprès des élus;
  • Étudier les besoins et la faisabilité pour la création d’un organisme régional d’accompagnement à la recherche de logement.

Sondage à remplir

Le CRDSL invite les citoyens laurentiens à remplir un SONDAGE pour établir un portrait des besoins en logement de la population Laurentienne.

L’impact du secteur récréotouristique et migration dans les Laurentides

Le secteur récréotouristique a un impact significatif dans la région. Les villégiateurs qui s’ajoutent à la population des résidents contribuent au dynamisme de l’économie locale. Toutefois, ils sont susceptibles de générer une demande accrue pour certains services publics, comme les services de santé. Par ailleurs, la forte proportion de résidences secondaires dans certaines municipalités peut avoir une incidence sur l’accessibilité à un logement abordable pour les résidents permanents. Finalement, une population de villégiateurs et la population de résidents permanents peuvent avoir des visions différentes du développement de la communauté.

De plus, notre région est en train de subir de plein fouet les conséquences de la pandémie et du télétravail qui a incité un nombre important de montréalais à venir s’installer dans le Nord pour y travailler et bénéficier de la qualité de vie de notre région. Les impacts liés à cette migration sont nombreux et ont des conséquences directes sur les citoyens laurentiens : inflation des coûts des logements, difficulté d’accès à la propriété, hausse des loyers, multiplication des fins de bail, etc. Ainsi, de nombreuses personnes risquent de se retrouver sans logement à très courte échéance.

Quelques informations concernant le logement dans les Laurentides

L’accès à un logement abordable constitue un déterminant social majeur de la santé. Raphael et al. (2020) ont mis en évidence les liens entre l’habitation, l’insécurité financière et la santé. Les auteurs rappellent qu’un tiers des locateurs de logement au Canada a un faible revenu. À Montréal, par exemple, 36% des locataires paient plus de 30 % de leurs revenus pour se loger, tandis-que 18 % en déboursent plus de 50 % (ce qui indique, à ce point, un problème imminent d’itinérance).

Dans la région des Laurentides, la proportion des familles en situation de faible revenu de la région des Laurentides est de 6,5% (Institut de la statistique du Québec, 2017), avec des écarts importants entre les MRC (ex. Argenteuil, 10.8%). À Saint-Jérôme, 37,3% des personnes vivent dans des conditions plus défavorables matériellement ET socialement (CISSS Laurentides, 2016).

En matière de logement privé, le vaste programme de recherche et de démonstration sur la santé mentale et l’itinérance (Latimer et al., 2014) a démontré, quant à lui, les avantages du logement abordable associé à un accompagnement, notamment en ce qui concerne la réduction des coûts associés à l’hospitalisation psychiatrique; cette diminution des coûts se chiffre à 14 000$/an. Le programme Clés en main, à Québec, a également fait ses preuves en matière de stabilité résidentielle (Clés en main, 2017). En mars 2019, 412 locataires ont bénéficié d’une subvention dans le cadre de ce programme, 27 organismes référents et huit OBNL/COOP y participaient, pour un taux de stabilité résidentielle de 94,5%.

 

Quelques données statistiques : (Source : Portaits des enjeux démographiques et socioéconomiques des MRC (Septembre 2018, mise à jour mars 2019), CISSS des Laurentides)

 

Nombre et proportion de ménages consacrant 30 % ou plus du revenu aux frais du logement, région des Laurentides, 2016

Nombre et proportion de ménages LOCATAIRES consacrant 30 % ou plus du revenu aux frais du logement, région des laurentides, 2016

Nombre et proportion de ménages PROPRIÉTAIRES consacrant 30 % ou plus du revenu aux frais du logement, région des Laurentides, 2016

Note: ces données datent de 2016 et que dans le contexte actuel de hausse du prix les loyers et des logements, les chiffres ont dû considérablement augmenter.